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Beryl Sadoun

DGS dans une commune de La Réunion

 

Ne jamais se projeter en tant que femme, rester concentrée et focalisée sur ses compétences et poser clairement les limites de la vie professionnelle !

Juriste de droit public, cette administratrice territoriale a débuté sa carrière dans la sphère publique au sein d’une société d’économie mixte d’aménagement d’Occitanie, avant de choisir de retourner sur son île natale, La Réunion, pour y devenir une actrice de son développement en tant que directrice générale des services d’une commune.


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

Je dirais que le premier temps fort de ma carrière est constitué de mes deux postes de responsable, puis de directrice de l’urbanisme, dans deux villes différentes à tout point de vue. L’urbanisme, c’est ma matière de cœur : voir la Ville se construire sous mes yeux en étant véritablement actrice de ce développement est un plaisir. Et puis ce niveau d’encadrement avec une équipe rapprochée, c’est aujourd’hui ma madeleine de Proust !

Le deuxième temps fort a bien sûr été la préparation, le concours d’administrateur et la scolarité à l’INET : un tourbillon intellectuel qui m’a fait un bien fou, alors que je me questionnais sur le sens de mon engagement dans la territoriale.

Troisième temps, le temps actuel : j’occupe un poste de DGS dans une ville de 40 000 habitants en grande difficulté financière et dans un contexte marqué par la crise sanitaire. J’ai été clairement recrutée pour redresser la situation globale de la collectivité avec de nombreux défis, notamment RH (contraction de la masse salariale, annualisation, RIFSEEP, formations des cadres…), mais aussi repenser toute l’organisation administrative de la collectivité.

Je passe par des jours de grand bonheur grâce à des petites victoires qui peuvent paraître anecdotiques aux yeux de mes collègues, mais aussi des jours de grand abattement car cela demande une ténacité sur du temps long !


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Je recherchais un moyen de valoriser les femmes cadres à La Réunion, j’avais d’ailleurs planché avec mon ancienne cheffe sur l’idée d’une association dont les objectifs épouseraient ceux de Dirigeantes et Territoires.

J’apprécie particulièrement deux aspects : la promotion de l’égalité des femmes et des hommes et non pas les femmes contre les hommes ; le fait que ce soit un réseau qui porte sur la sphère publique au sens large et totalement indépendant des grades de ses membres.



Vous avez occupé des postes opérationnels importants et à forts enjeux. Quelle est la clé de votre réussite ?

Une très grande curiosité : j’aime m’intéresser à tous les sujets, comprendre et questionner toutes les personnes que j’ai l’occasion de rencontrer et j’ai aussi une très bonne mémoire, ce qui me facilite pas mal la vie !

Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Oui, un pas de côté vers l’école de formation au métier d’avocat. Après un poste avec un tel niveau d’engagement au quotidien, je ressens le besoin de me ressourcer intellectuellement, pour mieux revenir… ou pas !

Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

C’est une question difficile pour moi car bien sûr de nombreuses femmes ont marqué l’histoire dans des domaines très variés, mais aucune ne m’a inspiré véritablement dans mon parcours personnel.

En revanche, j’ai eu la chance d’avoir une DGA qui avait à cœur de faire grandir ses équipes. Pour qu’on ne lui soit pas redevable, elle nous encourageait à nous inscrire à des formations et en organisait elle-même ! Elle avait à l’époque des enfants en bas âge et j’admirais sa capacité à concilier sa vie professionnelle et personnelle, en étant présente pour ses enfants à des moments clés de la journée. Je m’en suis inspirée lorsque je suis devenue maman. Elle est encore aujourd’hui un soutien lorsque j’ai besoin d’un petit conseil.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Ne jamais se projeter en tant que femme, rester concentrée et focalisée sur ses compétences et poser clairement les limites de la vie professionnelle !

Il m’est arrivé à de nombreuses reprises, d’être la seule femme dans une assemblée d’hommes, bien sûr intérieurement je me suis fais cette réflexion, mais en aucun cas je ne me censure ou le revendique.

Je considère que je suis toujours à la bonne place au bon moment, pour représenter ma collectivité ou conseiller l’exécutif.

J’ai l’opportunité d’accompagner de nombreuses femmes, que ce soit mes collaboratrices directes, des étudiantes, et maintenant en tant que Marraine au sein de l’association Dirigeantes et Territoires.

Ce qui me stupéfait, c’est que neuf fois sur dix revient la question de la confiance en soi, dont découle la légitimité. A toutes, mon message est de leur montrer l’étendue de leurs compétences et de leurs talents pour qu’elles puissent prendre confiance en elle et s’affirmer.

Sur l’aspect conciliation vie personnelle et vie professionnelle, lorsque j’ai été recrutée sur le poste de DGS, mon fils avait 5 ans. C’est donc un point que j’ai abordé dès le premier entretien pour cadrer ma disponibilité avec l’exécutif. Aujourd’hui, ce n’est absolument plus un sujet, y compris pour mes collaborateurs.rices.


Je pose volontairement ce point ici parce qu’en en discutant avec d’autres collègues hommes, je constate qu’ils n’osent pas aborder ce sujet, alors qu’ils disent en souffrir au quotidien. C’est pour cette raison que j’ai à cœur de traiter tous mes collaborateurs.rices de manière totalement égalitaire sur ce sujet en particulier.

 
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Sylviane Peters

DGA "Education et épanouissement"

 

Assumer sa puissance, ne pas avoir peur de son leadership, de sa capacité d'action, et du plaisir qu'on peut avoir à être influente et puissante sur ce type de postes. Ne pas être gênée de valoriser ses réussites, de partager sa vision, défendre ses convictions, ses idées

Après avoir travaillé au sein d’une grande intercommunalité, puis effectué une parenthèse dans le privé, cette administratrice territoriale issue d’un master Sciences Po Paris se passionne aujourd’hui pour les dynamiques participatives et l’intelligence émotionnelle.


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

Etant administratrice depuis 11 ans, je peux résumer mon parcours en trois étapes de maturation, avec un fil conducteur : celui de m’engager pour des territoires populaires.


Une première étape de découverte, au travers de la formation de l’INET puis de mon premier poste de chargée de mission du DGS à Plaine Commune (EPT, 93) : ces cinq années m’ont permis d’appréhender les enjeux des territoires populaires, au travers d’une grande diversité de politiques publiques. J’ai pu prendre confiance en moi et en mes capacités sur des grands projets, en stratégie territoriale, partenariats, organisation, conduite du changement… Et enfin, d’apprendre énormément par l’observation, et de me forger des convictions managériales.


Une seconde étape a consisté à élargir mon champ de compétences et de savoir-faire, au travers d’un premier poste de management, mais aussi d’un pas de côté vers le champ des ressources et de la gestion. J’ai ainsi exercé trois ans le poste de Déléguée au pilotage des politiques publiques, à Plaine Commune. Après une parenthèse d’un an dédiée à des projets artistiques et associatifs que j’avais besoin d’accomplir pleinement, j’ai poursuivi cette étape au travers d’un poste de consultante en organisation au sein du cabinet PIM, spécialisé sur le secteur public. Cela m’a permis de multiplier mes expériences de projets stratégiques et d’observation de différentes collectivités.


Me sentant alors mûre pour des fonctions de cadre dirigeante, je suis devenue DGA « Education Epanouissement » à la ville de Bagneux, poste que j’occupe depuis deux ans. C’est finalement une étape de réalisation, mais aussi d’apprentissage très forte.


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

En me faisant accompagner sur ma prise de poste de DGA par une coach, j’ai réalisé que pour alimenter mon énergie, j’avais un grand besoin de relationnel, de collectif, de stimulation par l’échange. Je trouve en partie cette ressource au travail, mais certains questionnements sont plus difficiles à partager dans un contexte hiérarchique direct ; et les urgences opérationnelles laissent peu de temps pour la réflexion et l’échange approfondis.


Le coaching m’a fait mesurer que participer à des réseaux professionnels pourrait ainsi positivement contribuer à entretenir mon énergie au travail, sur un poste parfois très énergivore.

J’ai alors cherché un réseau professionnel qui pourrait me tenter : or les réseaux classiques, très centrés sur la défense du statut ou le lobbying institutionnel - et parfois très masculins - m’emballaient peu. J’ai regardé du côté de réseaux de femmes et je suis tombée sur celui-ci. Le mot clé de sororité m’a tout de suite parlé : j’ai aimé ce choix fort, assumé, autour des valeurs d’entraide et de solidarité féministes !



Vous avez occupé un poste stratégique à forts enjeux. Quelle est la clé de votre réussite ?

Plutôt que de parler de réussite au singulier, je parlerais plutôt de réussites au pluriel, car sur un poste comme celui-ci, il y a aussi des erreurs, et des échecs parfois. Un de mes principaux apprentissages a justement consisté à repérer mes sources d’erreur, et à oser m’appuyer sur mes forces. Certaines expériences sont venues confirmer mes intuitions ou convictions de départ, d’autres sont de vraies découvertes.


La principale clé me semble être d’assumer son style et de se faire confiance, de s’écouter. Lorsque j’ai suivi mes convictions, lorsque j’ai fait les choses à ma manière, de façon assumée, j’ai la plupart du temps été en réussite.

Ainsi, une de mes plus grandes fiertés sur ce poste, est le portage d’un projet sur lequel j’engage beaucoup de convictions personnelles : le lancement d’une démarche de recherche-action en faveur de la mixité sociale à l’école.

Je suis également satisfaite de voir se confirmer les résultats d’un management par la confiance, ou par l’intelligence collective, qui portent leurs fruits de façon notable avec la plupart des personnes – même si j’en ai aussi parfois mesuré les limites, à mes frais !


A l’inverse, à chaque fois que j’ai mis de côté un sentiment de malaise, un conflit de valeur intime, un doute sur une décision, j’ai ensuite regretté les conséquences ultérieures. Aujourd’hui, je suis plus attentive à cette petite alarme intérieure : elle est un vrai guide pour ne pas me retrouver en difficulté et pour aller vers ce qui me parait bon.


L’autre clé, essentielle, est de rester en adaptation et en réflexion permanente sur son management, son positionnement, car chaque personne/situation/équipe est unique. Il ne faut donc pas hésiter à réfléchir, échanger avec des pairs, à en discuter avec les concernés aussi, pour se repérer sur les attentes ; voire à partager ses doutes et demander du soutien dans les situations difficiles, car l’humain est par nature complexe.


Je cherche aussi à trouver ma bonne place, là où j’ai de la plus-value : poser des orientations, des stratégies, dynamiser des collectifs, éprouver la fiabilité de telle ou telle option, aider à la décision, arbitrer, cadrer, soutenir, résoudre des situations complexes, poser les bonnes questions…

En revanche, pour le diagnostic ou la configuration opérationnelle de tel ou tel dispositif ou projet, je m’appuie sur les agents dont c’est le job : c’est leur métier, pas le mien ! A mon niveau, je mesure aussi, pour venir d’un milieu populaire et avoir fait de nombreux jobs étudiants, mon rôle de considération, de reconnaissance, d’équité pour les équipes.


Enfin, pour ma part, j’ajouterai qu’il est essentiel d’apprendre à trouver son équilibre sur un poste de ce type. La charge de travail peut rapidement être écrasante, les responsabilités et les risques qui vont avec peuvent vite prendre trop de place dans la tête et peser très lourd. Pour être une bonne professionnelle, je pense qu’il faut viser d’être « une DGA suffisamment bonne », et non une DGA parfaite, un peu comme le conseillait Winnicott aux parents.

Préserver des soupapes extérieures, savoir relativiser les urgences et son rôle, savoir doser son énergie et écouter sa fatigue, permettent de garder son sang-froid pour prendre de bonnes décisions et prioriser chaque jour.

Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

C’est encore un peu tôt pour se projeter : j’ai passé la période de « prise de poste », mais je n’ai pas encore atteint la fameuse zone de confort, si elle existe ! Et après : est-ce que je serai usée par ce poste, avec l’envie de quelque chose de moins exposé ? Est-ce que j’aurai au contraire envie de rempiler, de capitaliser à plein sur cette première expérience pour la redéployer en étant plus capée ? Je le saurai quand j’y serai !


Ma seule certitude est l’envie de poursuivre sur les champs qui sont les miens aujourd’hui et me passionnent, le monde de l’éducation au sens large, la culture, le sport…

Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

A vrai dire, je pourrai facilement citer des noms de grandes intellectuelles, d’innovatrices qui m’inspirent et me passionnent. Françoise Dolto, Maria Montessori, Simone de Beauvoir ont su tracer leur voix singulière sans modèle, dans le brouillard ; elles ont aussi porté un regard neuf sur le monde et révolutionné l’éducation : fascinant !

Mais pour être tout à fait honnête, la réponse qui me vient d’emblée est en réalité : ma grand-mère. C’était une femme forte, passionnée, entière ! Elle m’a inspirée car étant une petite fille timide et anxieuse, j’y trouvais un modèle de combativité, d’assurance, de joie, de confiance dans la vie.

Malgré une adolescence en pleine Seconde Guerre mondiale, porteuse de son lot de drames, elle a su bâtir sa vie avec passion et simplicité. A une époque où ce n’était pas si commun pour une femme du « petit peuple », elle a travaillé comme serveuse puis vendeuse de vin, voyagé seule, passé son permis, aimé un homme divorcé !

Elle m’a appris  qu’ « il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes gens ».


J’ai aussi la chance de vivre au sein d’une grande famille, et j’admire également énormément ma mère et mes trois sœurs. Chacune à sa manière, très différente, suit son chemin, avec intelligence, cœur et conviction, et j’adore les voir évoluer ainsi. Elles sont chacune des modèles de femmes pour moi, une inspiration et un soutien au quotidien.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Eh bien, je dirais : assumer sa puissance, ne pas avoir peur de son leadership, de sa capacité d’action, et du plaisir qu’on peut avoir à être influente et puissante sur ce type de postes. Ne pas être gênée de valoriser ses réussites, de partager sa vision, défendre ses convictions, ses idées.

Mais aussi : savoir poser ses limites d’investissement et ne pas hésiter à s’inspirer des hommes pour apprendre à ne pas en faire trop… Le modèle de manager homme surinvesti au travail avait pour corollaire une femme qui compense et absorbe tout le reste : ça ne marche pas pour nous.

Il faut donc inventer un autre rapport aux jobs à responsabilité ; revendiquer qu’on n’aspire pas forcément à y passer toute notre énergie, et négocier de la place pour sa vie privée. 

 
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Audrey SCOFFONI

Ingénieure en chef

 

Donner le meilleur de soi pour aller encore plus loin

Après avoir occupé plusieurs postes de direction en collectivités (Département, EPCI, commune), cette ingénieure de formation, également issue d’un master Sciences Po Paris, a intégré la formation d’ingénieur en chef territorial de l’INET, pour conduire les transitions et relever de nouveaux défis.


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

Suite à une école d’ingénieur, j’intègre la fonction publique. Durant mon premier poste au Conseil départemental de l’Essonne, j’ai complété cette formation par un Executive Master en gestion publique de Sciences Po Paris, développant mes connaissances en matière d’organisation, de sociologie des administrations et d’évaluation des politiques publiques. Ces formations complémentaires me permettent d’appréhender les dossiers dans leurs aspects techniques mais aussi dans leurs aspects administratifs et politiques.


La transition écologique a toujours été le moteur et le fil conducteur de ma carrière. En école d’ingénieur, on nous enseignait que la technologie était la solution.

Aujourd’hui, force est de constater que cela ne suffit pas et les comportements sociétaux et les approches de nos politiques publiques doivent changer pour aller vers plus de sobriété. Une autre certitude s’est forgée au cours de mon parcours professionnel : pour conduire des politiques publiques, les collectivités territoriales doivent aspirer à l’exemplarité dans leur gestion, pour fédérer et mobiliser les synergies du territoire.


L’innovation est pour moi un moteur important dans la conduite des politiques publiques. L’innovation n’est pas accessoire. Ce n’est pas la cerise sur le gâteau, mais cela fait partie intégrante du projet.


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Pour deux raisons. La première, car, si depuis la loi Sauvadet de 2012, qui impose 40% de femmes dans les primo-nominations aux emplois de direction, des évolutions sont à noter, les indicateurs montrent que la parité est encore loin.

D&T est plus qu’un réseau, c’est une source d’inspiration pour dépasser les freins, que parfois, nous nous mettons nous-mêmes. D'ailleurs, nouvellement Présidente de l'association IngéChef, je veux porter avec les membres du bureau et des adhérentes/adhérents, la question de l’égalité Femmes Hommes et apporter notre concours à la dynamique impulsée par D&T.


La deuxième : ma carrière a été jalonnée de rencontres et de personnes qui m’ont poussée à aller plus loin, à briser le « fameux plafond de verre ». Je remercie mes mentors, si inspirant.e.s, d’avoir cru en moi, plus que je n’y croyais moi-même. J’ai voulu moi aussi, aider et c’est dans ce cadre que j’ai rejoint D&T pour son marrainage. C’est également pour cela que je suis devenue mentor à la Cordée, et m’investis dans les concours de la fonction publiques (CNFPT & IRA).



Vous avez occupé des postes opérationnels importants et à forts enjeux. Quelle est la clé de votre réussite ?

Difficile de définir la réussite. Celle-ci est appréhendée de diverses façons par chacun.e. Bien sûr les succès sont là pour en témoigner, mais les moments de doute et les échecs également. Il a fallu faire un travail sur soi, pour dépasser les freins qu’on s’impose : se dire que c’est possible.


Peut-être que la réussite réside dans un savant dosage entre la volonté d’avancer et la conscience qu’à chaque pas, on apprend des autres et de soi-même : donner le meilleur de soi pour aller encore plus loin.

Par ailleurs, la famille et mes racines sont une part importante. Un proverbe corse dit « ùn ti scurdà di a filetta » qui signifie "n'oublie pas la fougère : n’oublie pas d'où tu viens". Ma famille a toujours accompagné mon épanouissement professionnel et personnel.

Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Forte de ces expériences, de mes mobilités fonctionnelles et géographiques, je me sens prête à franchir des nouvelles étapes dans ma carrière.

L’INET est ainsi une chance formidable de prise de recul sur sa carrière, un temps de préparation sur mes futures missions de cadre dirigeant. L’INET est également un réseau d’échange, de partage et de pratiques professionnelles, une formation pour confronter les parcours et les visions, pour dépasser les savoirs et les expériences.

Je ne sais pas ce que sera la prochaine étape, ce qui est certain, c'est que cela répondra à mes aspirations professionnelles.

Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Résolument, une femme Corse d’hier et également d’aujourd’hui par son discours : Danielle Casanova fut aux premières heures de la Résistance de la Seconde Guerre mondiale.

Arrêtée en février 1942, elle est déportée et meurt à Auschwitz-Birkenau le 9 mai 1943. Très vite, le parcours de Danielle Casanova, en même temps que ses études qu’elle réussit avec brio, va être militant. Elle crée en 1936 l’Union des jeunes filles de France, avant l’Union des femmes françaises.

Mais, dès le début, son objectif est large. Le premier éditorial de Jeunes filles de France, qu’elle signe, s’adresse à toutes les femmes.

Plus tard dans un discours, elle dira « Il n’est plus possible à la femme de se désintéresser des problèmes politiques, économiques et sociaux que notre époque pose avec tant de force […], la conquête du bonheur est pour la femme liée à son libre épanouissement dans la société, cet épanouissement est une condition nécessaire du développement du progrès social. »

En bref, pour Danielle Casanova, la conquête du bonheur est pour la femme, liée à son libre épanouissement.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Soyez consciente de vos atouts et Osez ! Si vous avez un projet et les compétences pour le mener, allez-y ! Lancez-vous ! Croyez en vous !

 
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Laura Jouvert

Adjointe à la DGA Solidarités

 

Oser saisir les opportunités et solliciter les conseils et suggestions de son réseau, ce que les hommes hésitent bien moins à faire que nous

De l’INET aux politiques de solidarités en passant par l’engagement associatif et les finances, Laura a un parcours diversifié...


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?


Après une formation à Sciences Po Paris, j’ai été reçue au concours externe d’administrateur territorial en 2012.

À la suite de ma scolarité à l’INET, j’ai pris des postes de directrice adjointe, puis directrice des finances, contrôle de gestion et évaluation des politiques publiques des départements de l’Oise, puis de la Touraine jusqu’en 2019.

Souhaitant élargir mon domaine de compétences, j’ai ensuite rejoint la DGA Solidarités du département de Loir-et-Cher, d’abord comme directrice ressources en charge du budget et de la comptabilité, mais aussi de la logistique, du numérique, du juridique-contentieux et des projets transversaux des solidarités, puis comme adjointe du DGA depuis le 1er janvier 2020.

Ce poste est sans doute, à ce jour, le plus exigeant mais aussi le plus diversifié et le plus intéressant de ma jeune carrière, grâce à l’animation du dialogue entre services opérationnels et fonctionnels et au portage de plusieurs projets managériaux d’envergure. Nous menons notamment une démarche d’évaluation et de régulation de la charge d’activité des personnels des solidarités, ayant abouti à des réorganisations et des créations de postes en 2022.


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Je me suis investie très tôt dans l’associatif, notamment au sein de l’Association des Administrateurs Territoriaux de France (AATF), dont je suis adhérente active depuis ma sortie de l’INET. Notre délégation de la région Centre Val de Loire, petite mais dynamique, a organisé le congrès annuel à Orléans, en 2019.


Depuis 2020, je suis également responsable de groupe de travail et membre du bureau de l’association Une Fonction Publique pour la Transition Écologique.

Dès le début de ma vie professionnelle, j’ai occupé des fonctions de manager d’équipe, en collaboration constante avec les élus. ​Cependant, en progressant au fil des années sur des postes de responsabilité supérieure, j’ai compris que ce n’était pas si évident d’assumer de façon adéquate ces postures, pour lesquelles je ne me sentais pas assez préparée malgré le soutien et les conseils de mes supérieurs.

Ayant entendu parler par une collègue de l’initiative de Dayana, je l’ai immédiatement contactée et ai été séduite par le projet d’un réseau de sororité de la fonction publique territoriale, permettant d’accompagner les femmes dans la conquête de leur légitimité et leurs parcours professionnels.



Vous êtes une femme sur un poste d’adjointe au DGA dans un Conseil Départemental. Quelle est la clé de votre réussite ?

Au-delà des lieux communs du bon management, il me semble indispensable de rester soi-même au risque de paraitre « fausse » à son entourage professionnel, quitte à assumer ses limites et à évoluer si l’on sent que l’environnement, les missions ou les fonctions ne nous conviennent pas ou plus.

Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Non, mon poste actuel étant si enrichissant qu’il mérite que j’y reste encore quelques temps !

Cependant, ma réflexion, dans laquelle m’accompagne ma marraine au sein de l’association, Gaëlle Galand (que je remercie encore au passage !) serait d’évoluer vers un poste de direction générale

Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Je pense à Priscille, femme d’Aquilas, tous les deux compagnons de l’apôtre Paul. Cette femme d’immense courage et d’engagement a bravé les voyages et les périls de son époque pour diffuser le christianisme jusqu’en Asie mineure et a fondé plusieurs églises, fait exceptionnel pour une femme et digne des meilleures leçons de management !


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Oser saisir les opportunités et solliciter les conseils et suggestions de son réseau, ce que les hommes hésitent bien moins à faire que nous !

 
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Didar GELAS

Ingénieure en chef

 

Croire en soi et en ses capacités, ne pas craindre d’aller de l’avant, ne pas hésiter à demander conseils, savoir aussi s’entourer ; la réussite est nécessairement collective

Ingénieure en chef, de formation génie civil et urbanisme, Didar Gelas pilote d’importantes équipes techniques au sein d’un Département. Elle transmet également son expérience au travers de formations et de contributions aux concours.


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?


J’ai débuté ma carrière en 1996 comme ingénieure travaux dans une filiale d’un grand groupe du BTP en Rhône-Alpes. J’ai dirigé des chantiers et des études de prix pendant près de 10 ans dans le secteur des ouvrages d’art, génie civil et nucléaire.

Puis, j’ai souhaité m’engager sur les questions d’aménagement du territoire, et je me suis alors tournée en 2005 vers la Maîtrise d’Ouvrage Public, au Conseil Général de l’Hérault. D’abord en qualité de chargée d’opérations Grands Travaux, puis au poste de Chef d’Agence Routière à Montpellier.

En 2011, j’ai été retenue sur le poste de directrice des Moyens Opérationnels sur un niveau plus stratégique. Pendant 7 ans, j’ai piloté une entité de 250 agents, essentiellement sur des missions techniques sur l’ensemble du territoire.


2018, année charnière, j’ai été lauréate de l’examen professionnel d’ingénieure en chef et ai été nommée directrice des Solidarités Territoriales : j’anime un pôle de 80 agents, dont 40 catégories A et A+.

Les missions du pôle :

  • Accompagner l’aménagement territorial au plus près du bloc communal

  • Proposer une aide en ingénierie départementale aux collectivités

  • Assurer le déploiement de la fibre en zone d’initiative publique et participer au développement des usages numériques dans une ambition d’inclusion pour toutes et tous.


Depuis 2019, j’interviens à l’INSET dans la préparation du concours d’ingénieur en chef, sur l’option réseaux transports voirie et en 2021, j’ai été sollicitée pour être jury de l’examen professionnel d’ingénieur en chef.



Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

C’est une association qui permet de réunir toutes celles et ceux qui pensent nécessaire de faire changer les lignes, notamment dans l’exercice des décisions, qui pensent que le monde professionnel est loin d’être monolithique, que la reconnaissance professionnelle est utile à toutes et tous.


C’est un lieu d’échanges et de réassurance. L’association construit sa voie, nous en sommes aux prémices et je voulais être de cette aventure-là, de celle où on partage, on donne et on reçoit.



Vous occupez des postes opérationnels, importants et à forts enjeux. Quelle est la clé de votre réussite ?

Comment définir la réussite ? Bien sûr à y regarder de plus près, les objectifs, les engagements, les victoires sont là pour en témoigner, les moments de doute et de découragements aussi.


La clé peut être un équilibre à trouver entre une détermination à toute épreuve et la conscience qu’à chaque pas, on apprend des autres et de soi-même et que le doute, aussi, est utile. J’ai toujours besoin de me renouveler  et d’apprendre : de nouvelles thématiques, de nouvelles équipes, cette soif pousse à donner le meilleur de soi pour aller encore plus loin.

Enfin, j’ai toujours été soutenue par les miens, conscients de la part professionnelle dans mon équilibre personnel. Cette bienveillance autorise les prises de risque et donne l’assurance pour poursuivre.


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Poursuivre sur des responsabilités élargies au service de tous les publics, sans jamais me départir de mes valeurs ; sans conviction, difficile de se donner un cap, et d’accompagner les collaborateurs ou porter conseils aux élus.

Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Je suis admirative devant Gisèle Halimi : une femme pleine d’empathie, d’une détermination extraordinaire, de courage. Elle a porté des combats qui ont contribué à la reconnaissance de la place des femmes.

Greta Thunberg a des engagements, une détermination, une qualité de réflexion qui interpellent et nous forcent à nous interroger sur nos actes et nos dettes envers nos enfants.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Croire en soi et en ses capacités, ne pas craindre d’aller de l’avant, ne pas hésiter à demander conseils, savoir aussi s’entourer ; la réussite est nécessairement collective.

 
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Sophie DEMAISON

Responsable communication

 

Toujours rester ouverte sur les autres et aller au-delà des domaines qui nous intéressent à priori, pour continuer à apprendre sur soi et le monde qui nous entoure

Responsable communication dans une ville du Nord-Isère, Sophie Demaison a évolué au sein de différentes communes avec en ligne de mire, un attachement persistant et renouvelé à la proximité au contact des habitants, ainsi que l’envie d’être sur le terrain.


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?


Tout d’abord, un stage dans une mairie des Yvelines, en 2003, m’a fait découvrir le secteur des collectivités territoriales et en particulier celui de de la communication publique. J’ai beaucoup aimé cette expérience où nous étions une équipe d’une douzaine de personnes et possédions notre propre imprimerie à l’époque, ce qui est rare pour une collectivité. J’étais plus spécifiquement en charge de la rédaction des contenus (magazine, plaquettes diverses et site internet). Le travail avec une équipe composée de photographe, graphistes, assistants et imprimeurs m’a fait découvrir les facettes du métier.

En 2006, j’ai réussi les concours de la Fonction Publique Territoriale, d’abord en catégorie B, puis A un an plus tard. En effet, quelques mois après ce stage en 2003, j’ai débuté en tant que contractuelle dans une autre mairie et mon intérêt pour le service public s’est confirmé. Il me paraissait donc tout naturel de tenter les concours, même si cela m’a demandé une grande préparation car je n’étais pas familiarisée avec le droit public.

Le troisième temps fort est la sortie de mon premier ouvrage en 2019 sur la communication des petites collectivités. C’est au travers de mon expérience actuelle au sein d’une ville de près de 6 500 habitants que je me suis rendue compte d’une certaine spécificité de notre métier de communicant public à petite échelle. Avec généralement peu de moyens (humains et/ou financiers), il nous est demandé de faire comme les grandes collectivités. Nous faisons preuve de beaucoup d’ingéniosité et produisons un travail conséquent pour y parvenir. Comme je sais que nous sommes nombreux dans mon domaine, et en même temps seuls à gérer la communication de notre structure, j’avais envie de constituer un réseau de « semblables ». A la suite de mon livre, j’ai donc créé un groupe Facebook « Communicants des petites collectivités ».


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Pour plusieurs raisons : je me rends compte au fil des années que les réseaux professionnels sont importants. Dans mon domaine, il existe l’association Cap’Com (cap-com.org) qui est un formidable lieu d’échange et un espace de ressources.

Quand j’ai connu D&T, grâce à un article de la "Gazette des Communes" en 2020, je me suis tout de suite reconnue dans ses valeurs. Un premier bon contact avec Dayana, la présidente, m’a convaincue de rejoindre le réseau et de m’y investir. Le site Internet était en cours de construction, cela tombait bien. J’ai trouvé super de voir naître l’association et de travailler à sa promotion.

J’ajouterai que je suis particulièrement sensible à la cause défendue par D&T : il reste un long chemin pour parvenir à la parité effective et je crois que toutes ou presque dans ce réseau, avons pu être confrontées à des situations discriminantes dans notre vie professionnelle, c’est injuste et intolérable.



Vous occupez des postes stratégiques, proche des élus. Quelle est la clé de votre réussite ?

Je ne considère pas avoir réussi, car déjà je suis loin d’avoir fini ma carrière et ensuite, il y a beaucoup de travail derrière ces résultats.

Disons que mon intérêt pour la Fonction Publique et les questions liées au territoire (avec tous les enjeux que cela comporte autour du développement durable, de la mobilité, de la santé ou encore de l’éducation) rejoint mon intérêt pour la politique. Lorsque l’on fait ce que l’on aime, je crois qu’on le fait bien et c’est peut-être cela la clé de la réussite.


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Oui. Je sors un second livre courant juin, cette fois sur l’implication des adolescents à la vie locale. J’avais envie de creuser le sujet de la démocratie participative : l’angle des jeunes, de 12 à 17 ans, m’a paru intéressant car ils sont les citoyens de demain.

En parallèle, depuis deux ans, je développe une activité de formatrice en communication publique notamment, et j’interviens auprès d’élus et d’étudiants. Cela me plaît beaucoup car j’apprends énormément, en préparant les cours et lors des échanges avec les apprenants.

J’espère évoluer soit en collectivité mais en changeant d’échelle, soit dans une autre Fonction Publique, toujours dans l’objectif de continuer à découvrir de nouvelles facettes du secteur et du métier que j’exerce.

Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Une femme d’hier : Olympe de Gouges qui a rédigé la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Déjà à la fin du 18e siècle, cette femme avait pris la plume pour dénoncer les inégalités entre les sexes et, fait moins connu la concernant, entre les populations (Olympe de Gouges était contre l’esclavage).

Une femme d’aujourd’hui : Claudie Haigneré que j’ai rencontrée lorsqu’elle était ministre déléguée aux affaires européennes en 2004, et première Française à être allée dans l’espace. Son parcours est d’une richesse incroyable et en même temps, je n’ai jamais eu l’impression qu’elle s’en soit vantée, bien au contraire.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Il faut toujours rester ouverte sur les autres et aller au-delà des domaines qui nous intéressent à priori, pour continuer à apprendre sur soi et le monde qui nous entoure.

Intégrer un réseau comme celui de D&T apporte cette belle ouverture, tout en faisant avancer une cause juste !

 
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Jehane BENSEDIRA

Administratrice territoriale

 

Le talent et la compétence n'ont pas de genre, il s'agit de se donner les moyens de ses ambitions et d'être bien entourée

Littéraire de formation, issue d’un parcours à Sciences Po Toulouse puis à l’INET, Jehane BENSEDIRA a évolué dans différents univers professionnels (établissement public, cabinet ministériel, administration centrale) et a récemment souhaité diversifier son parcours et relever de nouveaux défis en rejoignant le corps préfectoral.


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?


J’ai démarré ma carrière en établissement public car je souhaitais occuper un poste de chargé de mission auprès d’un DGS et l’opportunité s’est présentée au Centre National de la Fonction Publique Territoriale : j’y ai vécu mes premiers pas en tant qu’administratrice territoriale, noué mes premières amitiés professionnelles et surtout découvert mon appétence pour les politiques RH.

Deuxième moment fort, lorsque le directeur de cabinet de l’époque entre dans mon bureau pour m’informer que la Ministre de la Fonction Publique constitue son cabinet et recherche des profils de jeunes fonctionnaires pour étoffer son équipe. J’ai poussé la porte d’un monde qui m’était totalement inconnu, mais qui allait s’avérer aussi exigeant que gratifiant pour la jeune diplômée que j’étais : je me suis retrouvée très vite, au cœur de la décision politique, parlementaire et administrative, ce fut l’une des expériences professionnelles les plus passionnantes que j’ai pu vivre même si elle a eu son lot de contraintes !

Le troisième est celui que je vis actuellement, puisque je découvre le corps préfectoral et les richesses de l’administration déconcentrée. C’est un beau défi pour l’administratrice territoriale que je suis, car les positionnements sont évidemment très différents avec des fonctions de représentation et d’incarnation au quotidien très importantes mais les enjeux de proximité territoriale et de confiance avec les élus sont toujours aussi prépondérants.


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Dès mon entrée à l’INET, j’ai été responsable du groupe « Egalité » et j’ai eu la chance de mener une étude comparative sur le budget genré en Europe (Autriche, Suède et France).

Lorsque j’étais au cabinet de la Ministre de la Fonction Publique, j’étais notamment en charge des sujets égalité femmes/hommes, j’étais donc particulièrement sensibilisée aux enjeux de l’égalité professionnelle.

Mais ce qui m’a le plus marqué lors de ce passage en cabinet, c’est la force des réseaux ; il existait des réseaux professionnels promouvant les sujets de parité dans la quasi-intégralité des administrations centrales. Mais nous n’avions pas de corollaire au sein de la fonction publique territoriale, et pourtant le besoin était criant.


C’est donc tout naturellement que j’ai répondu positivement à l’appel de Dayana et que j’appelle toutes les dirigeantes des différents territoires de France à nous rejoindre : ensemble, nous sommes une force nécessaire aux transformations si longtemps attendues dans nos univers professionnels.



Vous avez occupé des postes importants et à forts enjeux. Quelle est la clé de votre réussite ?

La détermination, la conviction de vouloir contribuer aux transformations de la société.

Rien n’a été facile ou linéaire dans mon parcours. Issue d’un milieu modeste, il a fallu convaincre de l’intérêt de partir faire des études dans une autre ville, de s’engager dans un parcours d’études si long, se battre contre l’adversité ambiante dans la sphère des concours. Une fois dans le monde du travail, il faut faire ses preuves en tant que jeune, femme, administratrice, pour montrer qu’on est à notre place.


De la même façon, passer d’une fonction publique à l’autre n’a pas été sans difficultés. Le poids des mentalités et des parcours linéaires est encore très lourd. Mais il y a une bonne dynamique notamment législative aujourd’hui, qui va dans le bon sens et qui ne fera que renforcer la richesse et l’attractivité des métiers de la fonction publique.

En quelques mots, je dirai : croire en soi, se projeter sur le temps long, et adopter la méthode des petits pas, qui peuvent mener plus loin qu’on ne le pense !


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

J’ai plein d’idées et d’envies, mais pas de prochaine étape spécialement identifiée.

Le leitmotiv principal étant celui de continuer à apprendre au quotidien, tout en se sentant le plus utile possible aux nombreuses urgences de notre société.

Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Honnêtement, ce serait très difficile de choisir parce qu’il en existe beaucoup : des pionnières historiques dont les combats pour l’avancée de nos droits (politiques, sociaux, sexuels) nous ont permis d’être celles que nous sommes aujourd’hui et à qui nous devons tant, à celles totalement invisibles que je vois tôt le matin aller au travail pour exercer des missions très peu reconnues dans nos sociétés et enchainer sur leur rôle de mère et parfois de conjointe.

Si je devais individualiser cette inspiration, je parlerais de ma grand-mère, décédée il y a peu : née dans les Aurès en Algérie, qui a vécu l’exil à 20 ans, mis au monde 12 enfants, dédié sa vie à leur éducation et sécurité affective, et qui s’est permise à l’âge de 65 ans alors qu’elle était analphabète de se rêver et de parvenir à un autre destin : celui de devenir lettrée, en français et en arabe.

Finalement, toutes ces femmes nous transmettent un seul héritage : celui d’avoir le courage de ses convictions et de ses rêves.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

J’aime beaucoup la philosophie et la poésie. D’où mon intérêt prononcé pour les citations ; je ne résiste donc pas à l’idée de partager celle d’un de mes philosophes préférés (Marc Aurèle), celle qui m’a souvent soutenue dans les différentes étapes de ma vie, professionnelles comme plus intimes : « Il faut beaucoup de sérénité pour accepter les choses que je ne peux pas changer, de courage pour changer celles que je peux changer et de sagesse pour distinguer les premières des secondes ».

Pour conclure, le talent et la compétence n’ont pas de genre, il s’agit de se donner les moyens de ses ambitions et d’être bien entourée.

A bon entendeur !

 
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Valérie Chatel

Conseil et formation auprès des collectivités

 

Pour réussir il faut agir : oser candidater, s’appuyer sur ses valeurs, se former, construire et s’engager dans son réseau amical et professionnel

Diplômée de philosophie, son parcours dans les collectivités territoriales a démontré son attachement profond à la diversité et à transversalité : après avoir exercé dans tous les niveaux de collectivités en tant que DRH, DGA et DGS, Valérie Chatel a choisi aujourd’hui d’intégrer une coopérative d’entrepreneurs pour partager son expérience avec les cadres des collectivités et leurs élus.


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?


Les temps forts de mon parcours sont ceux de la décentralisation : je suis entrée dans la fonction publique en 1983 un peu par hasard, dans une bibliothèque municipale de Lille et sans plan de carrière. J’y ai découvert un monde où tout était possible parce qu’il y avait beaucoup à créer : conduire des projets locaux, rencontrer des collègues grâce à la formation (au CNFPT), échanger avec des élus du territoire, chercher avec des partenaires des idées innovantes pour l’animation culturelle, la vie de quartier.

J’y ai trouvé non seulement des capacités d’action mais aussi une grande liberté qui m’a permis à chaque étape de ma carrière de choisir des postes nouveaux et des collectivités que je ne connaissais pas.


C’est ce qui m’a amené à exercer d’abord dans des communes du Nord, puis à la Métropole de Lille et au Département du Nord, avant de changer et de partir comme DGA ressources de la région Rhône-Alpes, puis comme DGS de la Région Bourgogne Franche Comté.

Des temps forts j’en ai vécu constamment parce que c’est dans la conduite de projets que j’ai trouvé le dynamisme qui me plaît. Je me suis spécialisée au fil du temps dans la gestion des ressources humaines, mais je suis avant tout une généraliste. Et j’ai particulièrement apprécié de travailler avec Pierre Mauroy, de conduire des projets de modernisation, des transformations des organisations comme des transferts de compétences ou, bien sûr, la fusion des Régions Bourgogne et Franche Comté.

Mais j’ai connu aussi des déconvenues, comme des changements de majorité qui m’ont forcé à changer de poste, ou même des échecs comme mon expérience à l’Agence Régionale de Santé d’Occitanie qui m’a amenée à prendre une disponibilité pour ne pas rester enfermée dans une situation intenable.

Ces temps-là font aussi partie de mon parcours et ils me sont tous utiles pour mon projet d’aujourd’hui. Par curiosité autant que par défi, j’œuvre aujourd’hui dans l’économie sociale et solidaire avec d’autres « co-entrepreneurs », venus de tous les horizons (le public, le privé, la recherche…) avec qui je travaille pour le conseil ou la formation des cadres des collectivités. Cela m’amène à mener des nouveaux projets, comme celui de former les élus des collectivités. En effet, il me semble plus que jamais que la vie territoriale nécessite de créer des transversalités nouvelles entre tous les acteurs. 


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Je tiens avant tout à la mixité, sous tous ses aspects, dans mon exercice professionnel comme dans ma vie privée et c’est ce qui m’a séduit dans le projet de l’association, qui est ouverte aux hommes comme aux femmes.

Pour moi, l’égalité ne peut avancer que si nous mettons en commun nos forces pour y parvenir. Nous voyons tous que celle-ci n’est pas atteinte dans les postes de direction :  j’ai été seule femme DGS de région en 2016, comme l’avait été France Burgy dans le mandat précédent. Aujourd’hui, il y en a 4 dans les régions, mais il n’y a encore que 15 DGS femmes pour l’ensemble des départements.


Pour progresser il faut que nous cherchions ensemble d’où viennent les discriminations, ce qui est source de réussite pour certaines, ou quels sont les freins que nous nous mettons… C’est le projet de l’association que de chercher à agir sur tous les plans et de construire des solidarités pour la réussite de toutes et tous.



Vous avez occupé des postes stratégiques importants et à forts enjeux. Quelle est la clé de votre réussite ?  

Pour moi, il n’y a pas une seule clé à la réussite mais plutôt une palette de chances à saisir et de choix à conduire au fil de sa carrière.

Mon moteur principal dans mon parcours a été d’aimer et de pratiquer intensément le travail d’équipe et l’esprit collectif.

Je n’ai personnellement pas fait de plan de carrière et je crois que j’ai eu la chance de vivre une longue période d’expansion et d’innovation dans le monde territorial qui m’a permis de progresser continûment.

Mais j’ai aussi observé, en tant que DRH, de nombreuses personnes dans leur parcours. Ainsi, pour progresser, je constate les leviers sont les mêmes pour les hommes et pour les femmes :  il faut se dépasser souvent, aller contre sa timidité, accepter l’aventure. Il faut travailler, parfois tard, parfois pour rien. Il faut saisir les opportunités comme celle de préparer, puis de passer des concours. Il faut aussi oser aller de l’avant, prendre des risques pour soi-même comme pour son entourage... et parfois de subir des revers. Or je pense que beaucoup de femmes s’autocensurent et ne réalisent pas leurs vœux parce qu’elles ne s’en donnent pas suffisamment le droit.

Avant tout, il faut être fiable, afficher et incarner les valeurs que l’on défend, oser défendre son point de vue. Cela, nous pouvons toutes le faire, même si cela nécessite une capacité à prendre du recul et à analyser les situations – souvent complexes – dans lesquelles nous intervenons. C’est là que la philosophie m’aura été utile, aussi bien pour réfléchir et chercher des idées nouvelles que pour accepter les difficultés qui se présentent parfois.


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Oui, j’entame aujourd’hui une nouvelle vie en exerçant dans le secteur privé : j’y découvre ce que je pressentais, le monde public n’est pas toujours facile à vivre quand on est de l’autre côté de la barrière. Il faut être armé pour répondre à un marché public, pour suivre une facture sur Chorus, ou pour comprendre la lourdeur administrative. Je construis aujourd’hui avec mes collègues, une offre de formation pour les élus et c’est un projet passionnant qui crée des échanges très riches.


Mais je commence à explorer aussi d’autres champs qui me semblent particulièrement importants pour l’évolution des collectivités et de la démocratie locale : la concertation avec les habitants, la RSE, l’égalité femmes/hommes dans les politiques publiques.

Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Beaucoup de femmes m’inspirent : Marguerite Duras pour son talent, Simone Veil pour son engagement et son courage, mais celle que je préfère est l’exploratrice Clärenore Stinnes qui a osé faire le tour du monde en voiture en 1927 : elle est partie à l’aventure et elle a dépassé les préjugés de son époque, en faisant le voyage avec trois hommes. Mais je dois dire qu’il y a aussi beaucoup d’hommes qui m’inspirent.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Je lui dirai tout simplement « vas-y ! » car pour réussir il faut agir : oser candidater, s’appuyer sur ses valeurs, se former, construire et s’engager dans son réseau amical et professionnel.

 
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Sonia Blond Butlen

Secrétaire générale,
Institut National de Recherches Archéologiques Préventives

 

La volonté et le mérite individuels ne suffisent pas. C’est le collectif, des femmes et des hommes de bonne volonté, qui nous permettra de changer de paradigme !

Ingénieure et historienne, urbaniste et géographe, cette double culture scientifique et littéraire a alimenté le parcours de Sonia, évoluant de postes de Direction Générale des Services Techniques dans la territoriale à son actuel détachement à l’Etat, comme Secrétaire Générale au sein de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives.


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?


J’ai démarré ma carrière dans l’urbanisme en région parisienne. Je voulais être au cœur des décisions qui font la ville, la transforment… et se laissent transformer par ceux qui la vivent : les habitants ! Ma première expérience à Clichy-sous-Bois (93) - j’avais à peine 26 ans - a profondément marqué tout le reste de mon parcours. J’y ai conduit la plus belle des concertations avec les habitants, côtoyé la plus dure des misères sociales et vécu la plus marquante des émeutes urbaines des 30 dernières années. On en sort forcément transformé !

Ces épreuves m’ont donné la force de croire en moi et de réaliser mon désir d’action au plus près du quotidien des citoyens. J’ai donc évolué vers des postes de direction puis de direction générale des services techniques. C’était un beau défi pour moi, littéraire de formation ! En parallèle, j’ai passé le concours d’ingénieur en chef territorial et obtenu le diplôme d’ingénieur en génie des systèmes urbains par le biais d’une VAE (Validation des Acquis de l’Expérience).

En tant que Secrétaire Générale à l’Inrap, j’apporte aujourd’hui à mes collaborateurs cette double culture (scientifique et littéraire) et ce dialogue entre services opérationnels et fonctionnels. Et j’ai le plaisir de travailler dans un institut de recherche, qui conduit des chantiers et travaille sur l’histoire. Une belle réconciliation de mes deux « univers parallèles » !


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Je me suis investie très tôt dans l’associatif. Je crois en la force du collectif et à la solidarité. Ainsi, j’ai pris des responsabilités au sein de l’Association des Ingénieurs Territoriaux de France (AITF), dans laquelle j’exerce les fonctions de Secrétaire Générale Adjointe et de Présidente régionale Auvergne-Rhône-Alpes.

La question de la parité me taraude depuis longtemps. Mon univers familial, très féminin et engagé sur ces questions, a bien sûr modelé ma configuration mentale personnelle. Cela dit, c’est à la suite d’un conflit professionnel où j’étais « la femme à abattre » que j’ai réellement pris conscience qu’être une femme, avec des responsabilités, a fortiori dans un monde d’hommes (nous sommes à peine 10% dans les services techniques), cela pouvait devenir un problème.

Alors quand Dayana m’a contactée pour me parler de son projet, j’ai tout de suite dit : « Banco ! ». Je souhaite porter haut nos valeurs et notre ambition et, en tant que Trésorière de l’association, je m’y attellerai avec force et conviction. Je compte sur tous, femmes et hommes de bonne volonté, pour nous épauler dans ce beau défi : changer de paradigme social et sociétal !


Vous êtes l’une des rares femmes à avoir occupé des postes de Direction Générale dans les services techniques. Quelle est la clé de votre réussite ?  

Rester soi-même. Garder ses valeurs, son éthique et ses rêves « quoiqu’il en coûte ».

Et surtout, avoir confiance ! Confiance en soi, confiance dans les autres, et rester debout devant l’adversité.


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

J’ai pris mon poste à l’Inrap avec l’objectif initial d’y rester 3 ans, avant d’évoluer vers un poste de DGS. Et finalement, j'ai signé pour 3 ans supplémentaires !

S’il faut voir loin (c’est ma philosophie de vie), il faut aussi accueillir le présent et toutes les opportunités qu’il recèle. Je n’ai jamais eu de « plan de carrière » arrêté auquel je me serais accroché. En revanche, j’ai essayé de construire une stratégie d’évolution et d’enrichissement personnels. Mon credo serait plutôt : lisez, formez-vous, échangez, il en ressortira toujours quelque chose !

Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

J’aimerais évoquer deux femmes politiques qui m’inspirent pour leur culture, leur intelligence, leur ténacité et leur charisme : Simone Veil et Christiane Taubira. Chacune a vécu dans sa chair la différence, outre la difficulté d’être une femme dans un monde très masculin.

Nous avons besoin de donner à voir de nouveaux modèles féminins pour poursuivre la route qu’elles ont tracée. Non pas dans une quête absurde de pouvoir ou d’argent, mais pour que la société que nous construisons aujourd’hui et demain soit celle du partage et de la différence.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Osez !

 
10.08.2021.Photo Sophie Geffrotin DGA développement social (2).JPG

Sophie Geffrotin

DGA développement social,
à la Ville de la Seyne-sur-Mer

 

Trouvez des allié(e)s pour évoluer dans un monde de pouvoir, de stratégie et de concurrence


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

Mon parcours professionnel débute en 2000 par un volontariat de solidarité internationale à Madagascar ; j’étais mise à disposition de la Commune d’Antananarivo, la capitale. Ce premier poste a été fondateur dans mon parcours : plongée dans un univers culturel très différent qui m’a appris à écouter, fréquentation des sphères du pouvoir qui m’a appris à oser, et création d’un poste que personne n’avait pensé au préalable qui m’a appris l’autonomie et la créativité sur mon poste de travail.

Après trois années à Madagascar, j’ai travaillé dans la fonction publique territoriale à la Réunion comme ingénieur territorial. J’y ai conduit de nombreux projets dans des domaines du développement local, du tourisme, des infrastructures. Près de 15 ans d’une carrière intéressante, mais qui peinait à trouver sa pleine dimension, ont fini par susciter chez moi l’envie d’un renouveau.


Le second temps fort, c’est la réussite du concours d’administrateur territorial en 2018, et la formation à l’INET, qui s’en est suivie. Cela a été pour moi un temps particulièrement riche de rencontres, d’apprentissages, de construction de soi. Offrir 18 mois de formation à des cadres à potentiel, qu’ils soient de brillants jeunes en fin d’études, ou des cadres expérimentés qui veulent servir mieux et donner le meilleur d’eux, est une disposition particulièrement précieuse de notre système de formation des cadres de la haute fonction publique territoriale. L’INET est une très belle école de management, dans la bienveillance, l’innovation et la collaboration. A la sortie, des ailes m’avaient poussé, et j’ai quitté la Réunion pour prendre un poste de DGA Ressources au Département de Vendée.


Le troisième temps fort, c’est celui que je vis actuellement comme directrice générale adjointe au développement social (éducation, sport, culture, social, politique de la ville…) à la Ville de la Seyne-sur-Mer dans le Var. Je participe pleinement au pilotage d’une grande organisation en transformation, au service d’une ambition politique portée par des élus municipaux nouvellement aux commandes et pleins d’enthousiasme. J’ai le sentiment de faire ce pour quoi j’ai été formée, et d’apporter un engagement et des compétences. C’est de très loin le poste le plus difficile de ma carrière, mais il m’apporte d’immenses satisfactions, à la hauteur des défis de transformation qu’il faut relever.


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

En passant dans les sphères dirigeantes, j’ai compris que ce n’était pas si simple d’assumer cette posture. Cela n’a pas été facile pour moi. Il y a un passage intérieur à opérer, qui consiste à oser porter un costume qui paraît grand, et qui peut faire peur : en suis-je capable ?

J’ai le sentiment que, sans avoir l’exclusivité de ce questionnement, un certain nombre de femmes se heurtent à des difficultés pour se projeter dans un poste plus élevé que celui qu’elles occupent. J’ai aimé, dans la proposition de Dirigeantes et Territoires, l’idée d’accompagner les femmes dans cette question très spécifique de la légitimité à diriger.

Vous êtes une femme sur un poste de DGA. Quelle est la clé de votre réussite ?

La clé n’est pas genrée.

Ce qui m’a permis d’arriver sur ce poste, c’est sans conteste, le passage par le concours d’administrateur et la formation de l’INET. Une réussite permise par le système méritocratique des concours.

Et dans l’exercice de la difficile fonction de DGA -où je suis encore une débutante apprenante- la réussite m’apparaît comme une combinaison de clés : qualité d’écoute, rapidité d’analyse, solidité des repères conceptuels et éthiques, souplesse d’esprit, tout cela en exploitant pleinement les diverses formes d’autorité à laquelle la fonction nous invite.


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Non, je viens de démarrer celle-là et elle est si riche qu’elle mérite d’être vécue pleinement (mais si j’y réussis bien, la marche d’après, dans quelques années, sera de faire le grand pas vers un poste de DGS).

Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Olympe de Gouges qui en 1791 publie sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Une engagée et une martyr qui a participé à constituer notre héritage républicain pour l’égalité.

Aujourd’hui, ceux et celles qui s’engagent dans la société pour ancrer l’égalité filles-garçons dans les esprits dès le plus jeune âge.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Confortez votre envie, donnez-lui du poids - comme on leste une embarcation - pour tenir dans la durée et dans les remous. Car aucun chemin ne vous épargnera le doute. Et trouvez des allié(e)s pour évoluer dans un monde de pouvoir, de stratégie et de concurrence.

 
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Virginie Paquien

Directrice Générale des Services
du Syndicat Départemental d'Energies du Rhône (SYDER)

 

Qu’une femme ose et qu’elle l’assume ; qu’elle soit certaine que si elle a la possibilité d’avoir plus de responsabilités ; elle le doit à son travail, son expérience, etc. et qu’elle ne développe pas le fameux « syndrome de l’imposteur »


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

Premier temps fort : 2e année à l’IEP de Lyon en cours de droit administratif quand j’ai découvert la décentralisation et les collectivités locales ; c’était au début des années 90 et la décentralisation vivait ses plus belles années : on parlait de libertés locales, de projets de territoire, de développement local…

Ensuite la découverte du bloc communal (communes et de leurs groupements : syndicats intercommunaux, communautés de communes) en 1997, année de mon premier poste en commune dans la Nièvre, puis dans l’Ain, ensuite à Mâcon en Saône et Loire et enfin à Caluire et Cuire pendant plus de 10 ans.

Enfin, quand j’ai été recrutée dans des grandes collectivités comme les Départements du Rhône et du Gard ; j’ai adoré ces expériences et j’ai vraiment découvert le secteur social et toutes les politiques qui y sont rattachées comme l’aide sociale à l’enfance… ; mais j’ai aussi beaucoup appris sur moi-même dans des contextes pas toujours faciles.


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

J’avais été en contact avec Dayana quelques fois et j’avais apprécié la qualité de nos échanges. Elle m’a parlé de son projet d’association, de ses objectifs comme la transmission, la sororité, etc. J’ai soutenu sa démarche et ai donc immédiatement adhéré.

Indispensable d’avoir cet espace agile de réflexion et d’action dans lequel, j’en suis convaincue, mes homologues se retrouveront, je leur lance donc l’invitation à venir nous rejoindre !

Vous êtes une femme sur un poste supérieur de direction. Quelle est la clé de votre réussite ?

Pour être honnête, je n’ai jamais vraiment pensé à cela. Je n’ai jamais véritablement eu de plan de carrière. J’ai réalisé un parcours et saisi des opportunités professionnelles quand elles se sont présentées à moi ; je crois avoir relevé quelques challenges professionnels notamment au Département du Rhône après la scission avec la Métropole de Lyon en m’appuyant sur un collectif, sur des valeurs et une éthique professionnelles.


Peut-être que ma clé de réussite est d’avoir toujours été moi-même, d’avoir su m’adapter mais sans jamais me perdre.


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Je ne regarde plus la carrière comme devant être calée sur une trajectoire ascendante et j’accorde désormais plus d’intérêt au travail et à la façon dont je peux continuer d’apprendre, d’évoluer tout en transmettant. Le secteur public local m’a beaucoup apporté et je souhaite désormais lui rendre cela en donnant l’envie à des collaborateurs et des collaboratrices de le rejoindre.

Depuis un an, je travaille dans un syndicat départemental d’énergies sur un grand nombre de sujets liés à la transition énergétique (les énergies renouvelables, la sobriété énergétique…) au service des communes membres. Je voudrai mieux faire connaître ces acteurs, ce monde…mais aussi le faire évoluer afin qu’il s’enrichisse des autres collectivités, en faisant progresser des sujets comme la parité par exemple.


Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Les femmes avec des parcours hors normes m’inspirent comme Simone Veil, Christine Lagarde…

Mais aussi des femmes comme vous et moi mais qui ont traversé des épreuves terribles et s’en sont relevées ; qui parfois en font des combats, leurs combats, le combat de leur vie ; non seulement elles ont eu la force de se relever mais en plus elles ont la force de se battre pour les autres, comme les femmes battues qui s’impliquent dans les actions contre les violences faites aux femmes ou Latifa Ibn Ziaten qui lutte contre la radicalisation et milite pour le vivre ensemble malgré tout…


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Qu’elle ose et qu’elle l’assume ; qu’elle soit certaine que si elle a la possibilité d’avoir plus de responsabilités ; elle le doit à son travail, son expérience, etc. et qu’elle ne développe pas le fameux « syndrome de l’imposteur »…

 
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Aline Ridet

DGA Education Culture et Attractivité
Conseil départemental d’Eure-et-Loir

 

L’élan et la volonté de femmes « ordinaires » peuvent contribuer à faire évoluer la société

D'une école de commerce prestigieuse à un poste de DGA au sein d'un département, Aline a un parcours d'excellence. Mais cela suffit-il pour accéder aux plus hautes responsabilités quand on est une femme ?


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

Après une formation en École de commerce (ESSEC), j’ai débuté ma carrière en marketing dans des multinationales pendant une dizaine d’années.

Je me suis ensuite réorientée dans le secteur de la culture après un DESS de Gestion des Institutions culturelles. C’est à cette occasion que je suis entrée dans le secteur public au sein d’une direction culturelle que j’ai fini par diriger.

Ce contexte de travail me convenant mieux au niveau des valeurs, j’ai décidé de passer les concours. À la suite de ma scolarité à l’Inet, j’ai pris des poste en direction générale, tout d’abord en tant que DGA dans une commune puis adjointe à la DGA en Région.


Pourquoi avoir décidé de créer l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Je suis d’une génération qui croyait qu’il suffisait de s’imposer par ses compétences pour faire tomber les barrières des carrières des femmes. J’ai fini par me rendre compte que la compétence ne suffisait pas et que notamment, les quotas en politique menaient des résultats que nous peinions à obtenir « naturellement ». Ayant des responsabilités en ressources humaines, j’ai choisi de travailler sur les questions d’égalité professionnelle femmes hommes, en particulier avec un dossier de labellisation. J’étais donc totalement réceptive à la création d’un réseau professionnel d’entraide qui se donne pour mission de faire bouger les lignes !


Vous êtes une femme sur un poste à responsabilité dans une collectivité de grande taille. Quelle est la clé de votre réussite ?

J’ai étayé mon parcours sur des diplômes ou résultats de concours en m’appuyant sur ce qui rassure un recruteur dans le système français. C’est également mon parcours de manager et donc de généraliste qui a su apprendre et s’adapter à des contextes et des situations différentes que je mets en avant.


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Bip.


Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Je ne fonctionne pas trop comme cela. Je crois plutôt que c’est l’élan et la volonté de femmes « ordinaires » d’aujourd’hui qui peuvent contribuer à faire évoluer la société et le monde du travail.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Oser et s’appuyer sur l’expérience et les conseils d’autres femmes qui ont pris des responsabilités ! 

 
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Stéphanie Portier

DGS de la métropole d'Orléans

 

Les femmes ont beaucoup de mal à surmonter le complexe de l’usurpateur, alors qu’elles sont de très bons leaders !


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

Mon entrée dans la fonction publique se fait un peu par hasard en 2003. Je m’orientais davantage vers le secteur associatif, souhaitant travailler dans le domaine social, caritatif.  J’ai fait mon 2nd semestre de Master I en stage en mairie et j’ai alors pris la mesure de la richesse du service public, de ses valeurs et des missions portées par les collectivités territoriales. Ça a été une révélation ! 


Mon examen professionnel d’administrateur : j’ai pris des fonctions de Directrice Générale Adjointe au sein de la mairie et de la métropole d’Orléans en étant encore attachée principale. Je me suis donc inscrite dans la foulée à l’exam professionnel. Si cela m’a tant marqué c’est parce que j’ai accouché quelques semaines avant l’oral ! J’en garde le souvenir d’une période formidablement intense et très révélatrice des conciliations vie professionnelle – vie personnelle que font les femmes tout au long de leur carrière !


Ma nomination au poste de Directrice Générale des Services d’Orléans métropole  - mairie d’Orléans : à travers ce poste mutualisé, j’ai énormément appris. C’est le poste sur lequel j’ai le plus appris en aussi peu de temps ! Le fait de gérer deux postes en un est très complet et passionnant et requiert un fort engagement personnel et professionnel.


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Les objectifs poursuivis de sororité, de réseau au féminin (mais pas exclusivement) et d’encouragement des femmes dans leur vie professionnelle m’ont beaucoup parlés. Sur les fonctions que j’occupe nous sommes souvent isolé.e.s, je vois en ce réseau un lieu de partage, de compréhension, de bienveillance et d’entraide.

Indispensable d’avoir cet espace agile de réflexion et d’action dans lequel, j’en suis convaincue, mes homologues se retrouveront, je leur lance donc l’invitation à venir nous rejoindre !

Vous êtes une femme, DGS d'une ville et d'une métropole. Quelle est la clé de votre réussite ?

Une vie personnelle équilibrée ! J’ai deux jeunes enfants de 4 et 7 ans et j’occupe un poste exigeant. Sans le soutien de mon conjoint et de ma famille, je pense que cela serait plus compliqué voire impossible. 


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Oui ! je rejoindrai la mairie de Montpellier en novembre prochain pour prendre des fonctions de Directrice Générale Déléguée.


Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Il y a beaucoup de femmes dont le parcours et les combats m’inspirent. Notamment, celles qui ont été précurseurs (et oui encore un terme dont la féminisation n’est pas encore reconnue dans le dictionnaire !) : Joséphine Baker qui entrera au Panthéon le 30 novembre prochain, Simone Veil également entrée au Panthéon en 2018 ou encore plus contemporaine Jacinda Ardern, Première Ministre de la Nouvelle Zélande.


Mais de manière plus personnelle, la femme qui m’inspire le plus est ma grand-mère maternelle. Née en 1932, mère de 5 enfants, elle a travaillé et réussi à faire progresser sa carrière en passant les concours, tout en se couchant à minuit chaque soir et en se levant à 4 heures chaque matin ! Quelle abnégation et quel courage, c’est un modèle de combativité !   


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

De croire en soi, de ne pas avoir peur et d’oser ! Les femmes ont beaucoup de mal à surmonter le complexe de l’usurpateur, alors qu’elles sont de très bons leaders !

 
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Dorothée Bréant

Directrice de cabinet
Communauté d’Agglomération de Cergy Pontoise

 

Un conseil, le COURAGE : courageuse pour accepter les changements, porter des décisions, assumer des responsabilités, contrer les obstacles, lutter contre les a priori, faire des choix, mener 4 vies en une


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

Mes toutes premières expériences professionnelles, très éclectiques, au sein d’un bureau de relations presse dans la mode, puis dans une direction de la communication d’un Ministère où je me suis pour la première fois « frottée » au fonctionnement d’un cabinet. J’ai eu la chance d’y rencontrer des personnes formidables, investies et exigeantes. Elles m’ont fait confiance et m’ont faite grandir et finalement m‘ont conduite sur le chemin de mon destin professionnel.


Mon entrée dans la fonction publique et mes premières responsabilités au sein de cabinets, comme cheffe puis comme Directrice ; toujours des expériences très formatrices aux côtés des élu-es, dans des collectivités de tailles différentes, avec leurs problématiques des plus variées.


Entre les deux, une succession d’évènements professionnels riches, faits de rencontres et d’échanges passionnants ; mais aussi quelques déceptions. Parmi elles, des évènements que seule une femme peut connaitre, et qui nous forcent à choisir entre subir notre genre où le porter fièrement. Je choisis de le porter fièrement.


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

J’ai trouvé très intéressant l’idée de participer à une association qui facilite le lien et qui interroge sur la place de la Femme dans le travail et donc dans la société. J’ai trouvé dans « Dirigeantes et Territoires » des femmes et des hommes aux parcours professionnels riches, aux fonctions différentes avec lesquelles nous observons, échangeons, détricotons les clichés et amorçons une réflexion sur l’avenir. Une nouvelle approche, et j’aime l’idée d’inventer ensemble.

Indispensable d’avoir cet espace agile de réflexion et d’action dans lequel, j’en suis convaincue, mes homologues se retrouveront, je leur lance donc l’invitation à venir nous rejoindre !

Vous êtes une femme sur un poste de Directrice de cabinet. Quelle est la clé de votre réussite ?

L’enthousiasme et la détermination au service de l’utile. Et ce ne sont pas que des mots, je vous l’assure.


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

En début d’année j’ai pris de nouvelles fonctions dans l’agglomération de Cergy-Pontoise et je me consacre à l’apprentissage de ce nouveau territoire très dynamique. Ce qui ne m’empêche pas de réfléchir déjà à la façon dont le monde du travail évolue, surtout depuis la crise COVID, comment chacun doit trouver sa place, et surtout retrouver du sens et du confort dans son métier.


Les métiers de cabinet ne sont pas exempts de cette remise en question d’autant qu’ils ont un rôle de premier plan dans l’accompagnement des décideurs politiques.


Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

J’ai du mal à départager, alors je pense à 2 personnalités dans mon panthéon des femmes inspirantes :

Simone Veil, magistrate, ministre, pour son courage et ses mots « Les chances pour les femmes procèdent trop du hasard, et pas assez des règles du jeu ».

Et Benoîte Groult journaliste, écrivaine, philosophe pour sa liberté de paroles et d’actes, pour son « ainsi soit elle » « un phénomène neuf est apparu : des femmes se battent et des femmes se rencontrent… pour réfléchir, pour discuter, pour imaginer »


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Le COURAGE : courageuse pour accepter les changements, porter des décisions, assumer des responsabilités, contrer les obstacles, lutter contre les a priori, faire des choix, mener 4 vies en une… sans oublier d’écouter son intuition, toujours de bon conseil.

 
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Dayana Chamoun-Fievée

Présidente-Fondatrice de
DIRIGEANTES & TERRITOIRES

 

Les femmes ont encore trop souvent du mal à croire en leurs compétences

Après 10 ans comme consultante en cabinet de recrutement, Dayana fonde simultanément en 2020 son propre cabinet et l'association D&T. Son secret : oser !


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

Janvier 2007, alors que je venais d’intégrer le siège des nations unies pour une expérience inoubliable de six mois, j’ai voulu savoir pourquoi j’avais été choisie parmi des centaines de candidatures « parce que vous êtes une femme et que vous avez osé travailler sur la question du Hezbollah ».
Juin 2020, première vague de crise, un constat brutal : mes valeurs et la réalité de mes fonctions ne sont pas en adéquation.  Je quitte subitement 10 années de cabinets de recrutement de renoms et me jette à l’eau : Diane Conseil se fraie désormais une place parmi les « grands ».
Entre les deux, une succession d’évènements professionnels riches, faits de rencontres et d’échanges passionnants ; mais aussi quelques déceptions. Parmi elles, des évènements que seule une femme peut connaitre, et qui nous forcent à choisir entre subir notre genre où le porter fièrement. Je choisis de le porter fièrement.


Pourquoi avoir décidé de créer l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Je rêve d’un monde où le genre n’a plus sa place dans les parcours professionnels, un monde où seule la compétence est étudiée et évaluée. Pourtant, force est de constater que nous avons encore du chemin à parcourir. D’une part, des discriminations à l’égard des femmes existent toujours et d’autre part, les femmes ont encore trop souvent du mal à croire en leurs compétences. C’est pourquoi j’ai voulu créer cet espace d’entraide, de bienveillance et de sororité.


La même année, vous créez votre cabinet de recrutement et l'association D&T. Quelle est le secret de votre combativité ?

Quitter le confort du salariat pour plonger dans le monde de l’entrepreunariat, en particulier lorsque l’on est une femme, peut paraître fou. Mon secret n’est en réalité qu’un vilain défaut, je suis impatiente : je me lance et je réfléchis plus tard, puis je réajuste. Une fois lancée, tout me semble faisable. Je me suis également beaucoup appuyée sur mon entourage personnel et j’ai reçu un nombre infini d’ondes positives et d’encouragements, tant à l’annonce de la création de Diane Conseil qu’à celle de D&T.


Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Une montée en puissance de Diane Conseil et des actions fortes pour Dirigeantes & Territoires, naturellement !


Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Abla Rohayem, née dans les années 30 dans un pays d’Orient où les droits des femmes sont un concept abstrait qui n’intéresse guère. Abandonnée par son mari, elle élève seule son enfant, dans une culture qui n’accepte pas les divorces et les mères seules ; une culture où les femmes ne travaillent pas. Elle trouve un emploi, se loge, et offre à son enfant tout ce dont il a besoin. Ce sont pour moi les femmes les plus ordinaires qui sont les plus inspirantes.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

OSEZ ! Tout simplement. 

 
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Marie-Claude Sivagnanam

DGS, Communauté d'agglomération de
Cergy-Pontoise (Val d'Oise)

 

Nous pouvons toutes grandir en nous soutenant les unes les autres

Directrice générale des services d'une des plus imposantes communautés d'agglomération d'Ile-de-France, Marie-Claude s'engage sur deux fronts : le développement territorial et la parité.


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

J'ai mis les pieds dans le monde territorial très tôt, au lycée, en travaillant en job d'été auprès d'une secrétaire de mairie dans un petit village d'Alsace. Après une prépa en lettres et sciences sociales, j'y suis revenue grâce à Sciences Po Paris qui m'a donné, au travers de cours et de stages, le goût pour l'aménagement et le développement territorial.

Après 18 mois passionnants de formation pratique d'administrateur territorial à l'INET, j'ai évolué sur des postes en direction générale, en agglo et département.

En 2014, j'ai pris un premier poste de directrice générale des services, à la ville de Cergy, et occupe depuis octobre 2020 celui de DGS de la CA de Cergy-Pontoise


Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Il y a 10 ans, j'avais été très investie à l'Association des Administrateurs Territoriaux qui était précurseur sur les questions d'égalité (cf le rapport de Muriel Sam-Giao de 2011 sur l'accès des femmes aux postes de direction générale). J'avais pu participer à des échanges avec des réseaux féminins structurés, comme Femmes d'Intérieur, et j'avais regretté que la territoriale n'offre pas un réseau féminin car les bénéfices sont très importants pour permettre aux femmes de prendre davantage de responsabilités et pour les aider à apporter leur contribution. Lorsque j'ai vu l'initiative de Dayana et l'état d'esprit dans lequel elle souhaitait créer un réseau de ce type, j'ai tout de suite été très enthousiaste et volontaire pour appuyer la construction de l'association.


Vous êtes l'une des rares femmes DGS d'une grande interco. Quelle est la clé de votre réussite ?

La clé pour moi, au-delà de l'engagement professionnel et du travail fourni, c'est d'avoir reçu et de continuer à recevoir de nombreux bons conseils, appuis et soutiens tout au long de mon parcours, dans ma vie privée comme professionnelle, et de mentors comme de collaborateurs fidèles et bienveillants. C'est pour cela que je crois beaucoup dans le principe de sororité, car nous pouvons toutes grandir en nous soutenant les unes les autres.



Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Pas pour le moment, je suis vraiment très heureuse de commencer une nouvelle aventure professionnelle avec une belle équipe qui se constitue.


Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Jacinda Ardern, la présidente de la Nouvelle Zélande, car au-delà du fait qu'on est née à quelques jours d'écart, elle incarne un bel équilibre entre la tête, le coeur et les bras, entre la raison, l'émotion et l'action, ce qui la rend particulièrement performante, tout en assumant son rôle de dirigeante-maman.


Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Vas-y, dépasse tes peurs, n'attends pas d'être parfaite et n'hésite pas à demander du soutien.

 
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Sophie Grimm

Directrice du Département Valorisation, attractivité et participation, Laval agglomération (Mayenne)

 

Il faut savoir revoir ses codes pour progresser

Directrice de département après avoir été dircom, professeure de français et conseil en communication, Sophie mise sur l'innovation, l'audace et la confiance en soi pour progresser. Avec un mantra : ne pas avoir peur de changer.


Pouvez-vous résumer votre parcours en trois temps forts ?

Après des études littéraires classiques, j'ai acquis les fondamentaux de mon métier en agence de communication. C'est une femme qui dirigeait cette agence. Elle était souvent la seule au milieu de groupes d'hommes, des politiques, des grands patrons..., qu'elle conseillait, en alternant écoute et autorité. Elle m'a transmis un principe qui ne me quitte jamais : avant de se jeter dans l'action, il faut construire un cadre qui donne du sens et de la cohérence à ce que l'on fait. Et il faut savoir s'imposer !

Après un congé parental, j'ai été professeure de français/latin au collège et au lycée. Une expérience inoubliable de... management !

Je vis une troisième séquence passionnante comme dirigeante territoriale. J'ai été 15 ans directrice de la communication, pour la ville de Pantin d'abord, en Seine-Saint-Denis, puis pour l'agglomération et la ville de Laval, aux portes du grand Ouest. Participer à changer l'image d'un territoire, renforcer son attractivité, favoriser la cohésion et la fierté d'appartenance des agents et des habitants, développer la participation des usagers..., autant d'objectifs stimulants. Début 2022, j'ai élargi mon périmètre et dois désormais relever le challenge de piloter les dimensions communication, mais aussi tourisme et dialogue citoyen.



Pourquoi avoir décidé de rejoindre l'association DIRIGEANTES & TERRITOIRES ?

Envisager mon genre comme un facteur limitant dans ma carrière est assez récent pour moi. C'est en visant  un poste de DGA à Pantin que j'ai paradoxalement pris de plein fouet une nouvelle réalité. En voyant à quel point il était difficile de se faire entendre au-delà de son expertise-socle quand on est une femme. En réalisant que travailler beaucoup et avec succès pourtant, voire viser l'excellence (le propre de beaucoup de femmes il me semble), pouvait être moins valorisé que faire les bonnes alliances par exemple, savoir activer un réseau ou penser à valoriser ses réussites. Il faut savoir revoir ses codes pour progresser. J'ai depuis fait des progrès dans ces trois domaines, notamment en faisant le pari de la sororité. Un collectif est un atout considérable pour avancer et se soutenir mutuellement dans nos souhaits de progression.

Une association comme D&T me semble pouvoir agir sur deux axes importants et complémentaires : apporter à plus de femmes la compréhension de l'environnement et des clés de la réussite tout en concourant à la progressive transformation de cet environnement.


En arrivant à Pantin, vous avez pris presque immédiatement un poste de direction. Comme passe-t-on de prof de français à directrice de la communication ?

Je suis arrivée avec un nouveau regard, de nombreuses idées, une vision du territoire ambitieuse. Je me sentais capable de construire, et de partager, le récit de cette ville. J'ai su vendre une stratégie de communication originale à un maire bienveillant, ouvert et convaincu qu'il fallait accompagner le dynamisme urbain. Je me suis montrée très enthousiaste et très pédagogue. Mon énergie et ma force de travail ont fait le reste.



Envisagez-vous déjà la prochaine étape ?

Je suis arrivée à Laval il y a moins d'un an. Et depuis, j'ai la chance d'être associée à une dynamique de transformation prometteuse, tant sur le plan de l'organisation administrative que sur la mise en oeuvre d'une vision politique très volontariste pour le territoire. Après le cycle supérieur de management que j'ai suivi à l'INET et dont je suis sortie diplômée d'un master en management stratégique en 2019, je me sentais prête à occuper une fonction de DGA. Ce nouveau poste de directrice de département, qui me permet, au-delà de la communication, d'articuler des dimensions complémentaires, est peut-être la dernière marche avant d'y arriver. Pour le moment, je suis en phase d'observation et d'apprentissage !


Quelle femme, d'hier ou d'aujourd'hui, vous inspire le plus ?

Simone Veil m'a toujours inspirée par sa droiture et son courage immense. Je pense à Kamala Harris aussi, qui ouvre la voie à des destinées de femmes politiques exceptionnelles. Mais au quotidien, je crois que ma fille Joséphine m'inspire beaucoup ! Comme de nombreuses jeunes femmes de sa génération (elle à 27 ans), elle a une vision assez cash de la société, elle est consciente des rapports de force, des inégalités, des injustices. Mais elle n'est pas dans la plainte, elle affronte avec lucidité la réalité, sans aucun pathos. Sa grande force est de revendiquer son féminisme avec fermeté et constance, mais sans aigreur ni agressivité. Jusqu'à aujourd'hui, elle a réussi tout ce qu'elle a entrepris. Peu de choses pourront l'arrêter dans ses ambitions professionnelles, car elle est pleinement consciente de ses atouts et porte en elle une vraie confiance.



Si vous n'aviez qu'un conseil à donner à une femme qui souhaite prendre davantage de responsabilité ?

Oser ! Arrêter de voir les 5% de compétences ou d'expériences qui nous manqueraient pour postuler sur un nouveau job, mais bien capitaliser sur les 50% qu'on a acquis et apprendre à mieux les valoriser. Arrêter de s'excuser de ne pas être (prétendument) à la hauteur. Arrêter aussi de se trouver de bonnes raisons pour ne pas viser plus haut. Y aller, en découdre, essayer et réessayer. Chercher des appuis, s'associer. La persévérance paie toujours et nous, les femmes, en avons souvent à revendre.